Veille #10 - Toronto, laboratoire de la ville néolibérale ?

15.5.2017

Sélectionnée par

Bonjour, cette semaine nous changeons de continent pour atterrir à Toronto au Canada. La capitale de l’Ontario est au cœur de l’une des principales métropoles nord-américaines, le Golden Horseshoe, s’étendant sur une centaine de kilomètres le long du Lac Ontario en face de l’État de New York. L’aire métropolitaine rassemble aujourd’hui 9 millions d’habitants et demeure en forte croissance. Cette région urbaine rassemble en effet les principaux centres de commandement économique du pays, d’importantes industries et constitue la principale interface avec le voisin états-unien. La ville de Toronto constitue le centre de ce vaste ensemble hétéroclite et composite. Nous allons donc aujourd’hui voguer entre différentes évolutions et projets de cette ville décrite par certains comme l’un des exemples les plus aboutis de la ville néolibérale.

 

Pour se faire une idée générale de l’histoire métropolitaine de Toronto, je vous conseille fortement le site torontotransforms qui complète un livre éponyme en détaillant les différentes évolutions dans les processus, les formes urbaines et les compositions sociales de l’agglomération.

 

Le cadre politique actuel de la ville est une constitution récente par la fusion de différentes municipalités préexistantes. Il est cependant dépassé par l’expansion urbaine. Différentes villes de banlieues plus lointaines dépassent les 500 000 habitants comme Mississauga, Brampton et Hamilton qui sont statistiquement parmi les 10 plus grandes municipalités du pays. L’article de Métropolitiques ici proposé questionne lui le bilan de la fusion qui a conduit à la création de la ville de Toronto il y a 20 ans en 1997.

 

Face à l’immensité métropolitaine incarnée notamment par un imposant système autoroutier congestionné, l’avenir de la métropole est imaginé dans la création de nouveaux centres urbains denses reliés par un réseau de transport en commun, pourtant aujourd’hui largement défaillant. C’est dans cette stratégie que s’inscrit le projet du Metropolitan Center de Vaughan au nord de Toronto et au terminus en construction d'une ligne de métro.

 

Ce développement propose la création d’immeubles de condominium, des immeubles de copropriété, un produit immobilier qui a constitué la majeure partie des logements créés à Toronto même. Ils sont pourtant remis en cause tant en raison de leur qualité et de leur inadéquation avec les besoins des ménages qu’en raison des recompositions sociales qu’ils entraînent.

 

 

Cela est particulièrement vrai dans les quartiers populaires voisins du centre des affaires. de Regent Park, l’un des premiers grands ensembles sociaux construits au Canada. Celui-ci connaît aujourd’hui une mutation profonde tandis que les anciens logements sociaux sont remplacés par de nouveaux condominiums destinés à des populations plus aisées.

 

La question du renouvellement de la génération précédente de tours résidentielles se pose comme l’un des défis majeur pour le renouvellement urbain de l’agglomération qui en compte plusieurs centaines. Cet enjeu apparaît néanmoins comme une opportunité pour redévelopper et densifier certains quartiers centraux comme Thorncliffe Park.

 

La question majeure demeure cependant dans les banlieues les plus lointaines où le front de l’urbanisation est sans cesse repoussé pour répondre à une demande croissante de logements. Des alternatives se présentent cependant avec la mise en place par le gouvernement provincial d’une ceinture verte et agricole afin de limiter l’extension urbaine ou les réflexions émergentes sur la densification douce des banlieues déjà constitués comme le quartier de Scarborough à Toronto même.

 

La métropole canadienne semble donc être un laboratoire hors de contrôle plus qu’un modèle de la ville néo-libérale. L'urbanisation y est peu contrôlée et sans planification intégrée dans un contexte de fragmentation administrative horizontale et verticale (mille-feuille municipal/métropolitain/provincial/fédéral). Le tempo semble être donné par les marchés immobiliers et ses acteurs sans que les infrastructures métropolitaines nécessaires ne soient créées comme l’illustre le faible développement du système ferroviaire métropolitain. Toronto reste donc une métropole à inventer politiquement et à définir, d’autant plus qu’elle accueille le quart de la population canadienne. Il semble ici encore que les initiatives les plus abouties viennent encore du privé avec la fondation Neptis qui propose des réflexions urbaines métropolitaines. Leur site est fourni et propose des rapports intéressants sur la ville et la métropole.

 

Enfin, nous nous quittons une dernière fois avec notre dernier quiz du Guardian. Une autre rubrique la remplacera dès la prochaine revue de presse. En attendant, profitez-en pour vous entrainer !

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